Le temps de travail des médecins

Publié le | Temps de lecture : 2 minutes

François Auvigne, Rémy Slove, Léonore Lafargue, Olivier Pernet-Coudrier, Noémie Carlier (IGF), Thomas Le Ludec, Sophie Lebret (IGAS)


Le Premier ministre a confié à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l’Inspection générale des finances (IGF) une mission visant à dresser un état des lieux du temps de travail des médecins en ville et à l’hôpital. La mission devait notamment recenser les données disponibles, analyser les évolutions du temps de travail médical et les dispositifs permettant de l’optimiser, et examiner l’organisation et le pilotage du temps de travail dans les hôpitaux publics.

Le rapport met d’abord en évidence un déficit de connaissance du temps de travail des médecins. Les données existantes permettent de suivre les effectifs et l’activité, mais aucune ne permet aujourd’hui de mesurer de manière consolidée le temps de travail d’un médecin en prenant en compte l’ensemble de ses activités et de ses modes d’exercice, libéral, salarié ou mixte. Cette connaissance constitue pourtant un enjeu croissant pour apprécier le temps médical effectivement disponible et adapter l’organisation de l’offre de soins.

Les enquêtes disponibles montrent une diminution du temps de travail déclaré au cours des dernières années, particulièrement documentée pour les médecins libéraux. L’exploitation par la mission des données de l’Assurance maladie montre également qu’entre 2021 et 2025 le nombre de jours d’exercice libéral a diminué de 3 % à 8 % selon les spécialités étudiées. Cette évolution ne se traduit toutefois pas mécaniquement par une diminution équivalente de l’offre de soins, l’activité tendant parallèlement à s’intensifier et à se concentrer sur un nombre plus réduit de journées.

À l’hôpital public, le rapport constate que le pilotage du temps médical demeure insuffisamment structuré et que la réglementation n’est pas systématiquement appliquée. Dans le même temps, les établissements ont davantage recours aux dispositifs destinés à compenser les déficits de temps médical, notamment le temps de travail additionnel et l’intérim. La mission souligne la nécessité de mieux organiser et piloter la ressource médicale, à l’échelle des établissements comme des territoires.

Les propositions du rapport s’organisent autour de trois orientations principales : améliorer la connaissance du temps de travail des médecins grâce aux données ; mieux dimensionner et piloter la ressource médicale, notamment à l’hôpital public et à l’échelle territoriale ; évaluer et développer les organisations, coopérations professionnelles et outils numériques susceptibles d’accroître le temps médical effectivement consacré aux patients.

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