Comment résoudre les tensions de recrutement dans le champ social et en accroître l’attractivité ?

Publié le | Temps de lecture : 3 minutes

Paul-Marie Atger, Mikael Hautchamp (Igas)


Dans son rapport, l’Inspection générale des affaires sociales analyse les difficultés de recrutement et l’attractivité des métiers du sanitaire (hors professions médicales), du social et du médico-social. Elle dresse un constat sans appel : le manque croissant de viviers nécessite d’augmenter significativement les capacités de formation et d’installer un véritable pilotage national des ressources humaines, en lien étroit avec les acteurs locaux.

Elle souligne une situation particulièrement préoccupante : les tensions de recrutements sur plusieurs métiers essentiels à la mise en œuvre des politiques sociales s’expliquent principalement par un manque de personnes formées et diplômées. Ainsi, entre 2012 et 2023, le nombre d’infirmières diplômées a baissé, passant de 26 447 à 24 215, alors même que la population totale française a augmenté de 2 millions de personnes, avec une part croissante des plus de 65 ans, grimpant de 17 % à 21 %. 

Former plus et mieux : un levier majeur

Si l’amélioration et le renforcement des processus d’appariement entre l’offre et la demande demeure nécessaire, le levier principal pour résoudre les tensions de recrutement et le manque de professionnels en poste consiste à augmenter significativement le nombre de personnes formées. 

La mission formule ainsi une série de propositions pour accroître fortement le nombre de professionnels certifiés, que ce soit en formation initiale ou continue, tout en agissant pour limiter l’attrition des personnels formés. Elle propose également de rénover l’architecture des diplômes et de créer une nouvelle certification, afin de mieux reconnaître les professionnelles exerçant en EHPAD et réduire les tensions de recrutement dans ce secteur. 

Une stratégie nationale des RH à construire

Le rapport constate également une dispersion de l’action publique en la matière et l’absence de moyens pour établir une véritable stratégie nationale des ressources humaines, à l’instar de celle développée dans d’autres pays de référence comme les Pays Bas, le Royaume-Uni ou l’Australie. La mission propose donc un nouveau modèle de pilotage des ressources humaines dans le secteur social et médico-social, fondé sur :

  • Une capacité renforcée de la prospective via la mise en réseau des institutions chargées de l’observation et de la prospective des métiers de la santé et de l’accompagnement social ;

  • La création d’un comité interministériel permettant de piloter les actions stratégiques ;

  • L’élaboration d’une stratégie nationale des ressources humaines du système de santé et du secteur social et médico-social. 

Accélérer l’action au niveau local

A très court terme, la rénovation du pilotage local des actions suppose notamment de développer les initiatives locales fructueuses, telles que les plates-formes des métiers de l’autonomie à condition qu’elles soient bien articulées avec les Départements et France Travail. Ce dernier doit être repositionné comme un acteur central tant dans le champ médico-social et l’autonomie que dans le champ de la santé et hospitalier notamment. 

Responsabiliser les employeurs

Enfin, concernant les employeurs publics comme privés, la mission recommande de mieux les accompagner dans leur stratégie de ressources humaines, mais aussi de les responsabiliser en limitant le recours à l’intérim privé - un dérivatif jugé délétère - et en soutenant les groupements d’employeurs qui pourraient devenir la norme dans les années à venir.

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